lundi 2 mai 2011

[1er implant] J-38 : Orthophoniste + audioprothésiste

Deux nouveaux rendez-vous ont eu lieu aujourd'hui.

Tout d'abord un avec l'orthophoniste de l'équipe chirurgicale du CHU de Limoges, pour un bilan orthophonique et psychologique. L'entretien démarre par un recueil d'informations concernant l'origine de ma surdité, comment j'ai passé mon enfance et pourquoi je suis arrivé à la décision de me faire implanter. D'autres questions, excessivements et volontairement simples (on est en quelle année ? on est dans quelle ville ? quel est cet objet ? etc.) sont posées, sans doute parce que c'est le protocole que tout orthophoniste doit faire.

On en vient ensuite à des nouveaux audiométries tonales et vocales à faire. Pour cela, elle me fait enlever uniquement l'appareil gauche, pour voir comment j'entend avec l'appareil droit (le côté non implanté). Elle souligne l'importance de garder cet appareil, en complément de l'implant. Cela permet de garder une certaine stéréophonie, un équilibrage entre les sons venant de gauche et ceux venant de droite, même si l'implant seul permet d'avoir une sentation d'entendre des deux côtés.

J'en profite pour lui poser la question sur le modèle de l'implant utilisé : Freedom ou CP810 ? Elle n'a pas la réponse et m'invite à poser la question à l'audioprothésiste, que je verrais tout à l'heure.

Les examens finis, on retourne dans le bureau pour discuter une fois de plus de l'implant cochléaire. Une fois de plus, elle m'en a chanté les louanges : "Vous allez voir, ça va être magique." Elle m'explique que le fait d'oraliser normalement et d'être parfaitement intégré au monde sonore joue grandement sur les résultats.

Vient ensuite le rendez-vous avec M. Parès, celui qui réglera mon implant et qui bosse à Amplifon Limoges. Il me fait passer (encore) des audiométries pour déterminer les différences entre l'oreille droite et gauche, et avec et sans l'appareillage. Les conclusions restent les mêmes, c'est la gauche qu'il faut implanter. Il devait aussi vérifier si j'utilisais bien les appareils suffisamment puissants avant d'envisager l'implant. Pas de doute sur la réponse puisque ce sont des Naïda 9 de Phonak, acquis en 2009, et qui sont encore les plus puissants du marché à l'heure actuelle.
Puis, durant une heure, il m'a expliqué quel sera son rôle durant toute la phase de rééducation. Il insiste énormément sur le fait que l'appareil auditif et l'implant cochléaire n'ont absolument rien à voir entre eux, aussi bien pour le ressenti sonore du patient que pour les réglages. L'approche du régleur est complètement différente selon la technologie utilisée. Avec un appareil auditif, les réglages se font en fonction des sons reçus. Avec un implant, il y a d'abord un balayage de toutes les électrodes (22 à ce jour), puis une détection des seuils minimums (le son doit être audible) et maximums (le son ne doit pas être trop fort et douloureux) pour chaque électrode. Le régleur travaille ensuite en envoyant des impulsions électriques. Au tout début de la rééducation, peu de réglages sont effectués, le temps de laisser au cerveau d'apprivoiser tous ces nouveaux sons qu'il perçoit. Puis, au fur et à mesure des visites chez le régleur, les réglages s'affinent et deviennent plus complets. La rééducation est un très long processus (je pense au moins 6 mois) où il faudra être patient et surmonter la déception des premiers jours/semaines.

Malheureusement, je n'ai pas eu de présentation de l'implant. Gageons que je le verrais le 25 mai lors de mon deuxième RDV avec le Dr. Aubry...