mercredi 13 juillet 2011

J+33 : Enfin le branchement !

Après 33 jours plongé dans le demi-silence, et donc autant de jours à essayer de vivre et de communiquer avec l'oreille restante, le grand jour est enfin arrivé. J'ai rendez-vous à 8h45 au CHU de Limoges. A 9h00, je passe dans le bureau du Dr. Aubry qui fait un simple contrôle de routine de la cicatrice, toute belle. A 9h10, je pénètre dans une salle où toute une équipe m'attend. Cette équipe est composée de 4 personnes :

- L'orthophoniste du CHU qui fera ma rééducation, Mme Durin.
- L'audioprothésiste qui fera les réglages et donc le premier branchement. Il ne s'agit pas de M. Parès comme attendu, mais de Mme Buffler, qui travaille aussi à Amplifon Limoges et que j'ai déjà eue pour s'occuper de mes appareils.
- Une dame travaillant à Cochlear, et qui vient probablement de Toulouse (là où se trouve le siège de Cochlear France).

Elles sont toutes assises autour de la grande table ronde de la pièce. Fébrilement, je m'assois près de Mme Buffler et je vois le Nucleus CP810 (le processeur du son) branché à un ordinateur portable. Assez imposant et plus large que mes appareils classiques. Puis elle me le met sur l'oreille, en fouillant dans mes cheveux le point d'aimantation. Elle m'explique qu'avant d'activer le processeur, elle va faire un balayage des électrodes. Tout d'abord elle m'envoie des sons qui deviennent de plus en plus forts, pour "tester". J'entends effectivement ce son, ça surprend beaucoup mais ça prouve que ça marche.

Puis vient ensuite le réglage de chacune des électrodes, ici 22. Le logiciel tourne sous Windows XP, hum j'espère qu'il n'y aura pas un bel écran bleu de plantage... Dans un premier temps, je dois dire quand le son commence à être audible. Et ce, pour les 22 électrodes. Ça dure une dizaine de minutes car ça demande de la concentration pour essayer de percevoir le moindre son.
La deuxième étape consiste à dire cette fois quand le son devient trop fort. L'audioprothésiste me donne pour cela une feuille avec une échelle de puissance des sons :  "inaudible, très doux, doux, agréable, fort, très fort, trop fort". Là encore, chaque électrode est passée en revue, et ça dure une dizaine de minutes.

Puis vient enfin l'instant où le processeur est activé. Activé ? Oui, la première impression est très très surprenante, il s'agit d'une bouillie de sons et de bruits mixés et malaxés dans tous les sens, de gazouillis indescriptibles et de sensations très métalliques. C'est impossible de distinguer la voix du reste. Des pics se font sentir au moindre choc, comme un stylo qui tombe sur la table, un pas sur le sol ou même certaines syllabes de la langue française. Une véritable cacophonie. Le son devient même trop fort et je demande plusieurs fois à le baisser.

Finalement c'est tellement impossible à décrire tellement c'est abstrait. Je n'ai malgré tout pas été déçu car je m'attendais plus ou moins à avoir ce genre de sensations. J'avais même le sourire aux lèvres. Toute l'équipe me dit que c'était parfaitement normal d'entendre ce tintamarre les premiers jours, car le cerveau reçoit un nouveau genre d'information et ne sait pas comment le traiter. Du coup, pour comprendre, j'ai été obligé de remettre l'appareil droit.

Mme Buffler me montre ensuite l'assistant sans fil qui me permettra de gérer le processeur à distance (via Bluetooth). Je pourrais ainsi piloter la puissance du son (car c'est assez fort actuellement), ainsi que les différents programmes, au nombre de deux pour l'instant. Le premier est le programme de base, tandis que le deuxième augmente de façon significative le volume. Au bout de quelques jours, une fois habitué à la puissance actuelle des sons, je risque de ne pas entendre assez fort, d'où ce deuxième programme.

J'essaye à mon tour de mettre le processeur, mais je n'arrive pas à trouver l'implant sous la peau. "Vous êtes sûres que j'ai bien été implanté ? On m'aurait menti ?!". Finalement je trouve, mais l'aimant n'est pas assez fort et ne s'accroche pas trop par dessus mes cheveux. Comme celui-ci est amovible (il se "clipse" dans l'antenne), on m'en met un plus puissant.

Quant à la consommation énergétique du processeur, au début, j'utiliserai des piles air/zinc, avant de passer sur des batteries rechargeables. Un socle de recharge et deux batteries m'ont été donné. Première surprise, le CP810 ne nécessite que deux piles, là où son prédécesseur en consommait trois. Je n'ai bien sûr pas encore eu le temps de tester la durée de vie avec piles et batteries.

Vient ensuite une discussion et des questions/réponses sur l'implant cochléaire en général. Par exemple, la plongée tête première est possible, mais déconseillée. La plongée sous-marine est possible dans une piscine et peut aller à plusieurs mètres en mer. On parle du nombre de séances de réglages et de rééducation. Pour la rééducation, ça sera une fois par semaine le mercredi entre midi et deux, pendant 45 minutes / 1 heure. Pour les réglages, ça sera environ toutes les trois semaines, et ça précédera à chaque fois la rééducation. Un arrêt de travail d'une demi-journée me sera donné à chaque fois.

On arrive déjà en fin de matinée, et au moment de partir, une énorme sacoche "Cochlear" m'est donné. Elle contient toute la panoplie du parfait petit implanté, à savoir :
- La documentation,
- le socle de charge, les chargeurs.
- une boîte pour déshumidifier le processeur et ses recharges.
- Divers accessoires de rechange (câble d'antenne, tube en plastique qui maintient le processeur sur l'oreille,
- L'assistant sans fil et les batteries
- Et j'en passe...

Dans un prochain billet, je présenterai en détail tout le contenu de cette sacoche avec photos à l'appui.

Pour finir, voici une petite photo :